Beaucoup pense que j’ai une vie compliquée et fatigante.

Il est vrai que j’ai créé un métier à mon image qui est pluriel, engagé, évolutif, créatif et qui me permet de toujours mettre en place un nouveau projet. Mon planning est chargé mais pourtant tout est, enfin était, simple.

J’arrivais à ne pas stresser car j’étais à l’écoute de mes envies, de mon rythme tout en restant à l’écoute des besoins de mes Exploratrices.teurs. J’ai donc réussi à concevoir de nouveaux formats, de nouveaux projets pour respecter mon besoin de me réinventer et de garder mon alignement tout en répondant aux demandes extérieures.

Je réalise que j’ai réussi cet exploit sur de nombreuses années car j’avais 2 bases solides : beaucoup de temps pour moi, étant célibataire sans enfant et un lieu de ressourcement, mon appartement, un cocon rassurant.

Un jour, j’ai eu besoin de plus de nature, de vert (quitte à braver mes allergies), mon cocoon magnifique s’est transformée en une cage à poulette Parisienne. Je me suis sentie sombrer dans mon lieu de paix et d’ancrage sans avoir trouvé ma nouvelle terre où trouver remède à mes nouvelles iaspirations.

J’ai ralenti pour garder ma qualité de vie, ma connexion à mon intériorité et ma présence (lors de mes rendez-vous et de mes créations) et j’ai choisi d’adapter davantage mon agenda professionnel à mon besoin de nature pour pouvoir enfin voyager plus souvent dans ce vert si apaisant et nourrissant.

Mon besoin c’est intensifié, lorsque j’ai commencé une relation amoureuse avec un homme incroyable et que j’aime profondément. Je suis convaincue que les relations doivent se construire et se nourrir ; comme la plante a besoin d’eau et de soleil pour grandir, j’ai eu l’envie de donner à ma nouvelle histoire d’amour (tant attendue) du temps pour nous-m’aime.

Réaliser ses rêves demande de l’engagement et du temps et j’étais si heureuse de voir notre relation amoureuse magique fleurir.

Hélas, je n’avais plus mes deux ancrages : le temps et le lieu. Je me suis retrouvée pour la première fois (depuis longtemps) vraiment épuisée, fatiguée, stressée et angoissée… et pourtant si heureuse à la fois

Plus je vivais des moments d’intenses joies et de pur bonheur, je sentais la fatigue s’allourdir dans mon corps, déjà moins capable de récupérer. J’ai mis du temps à accepter ma nouvelle réalité et j’ai voulu rester avec mes mauvaises habitudes comme avant, adapter et alléger mon planning encore une fois…

Aujourd’hui, cette fameuse ombre co-existe avec la lumière à traver nos pas et dans notre vie humaine. 

Je crois que j’ai rarement était aussi comblée par la vie car mon immense sourire, mon teint halée et mes yeux pétillants sont assortis de cernes et de bâillements.

 Je n’ai pas osé vous partager mes derniers mois (sur mon compte Instagram alors que j’ai des photos incroyables de toutes mes belles aventures) comme si tout était trop intense et faux en même temps. Comment montrer que derrière chaque pas en avant dans ma nouvelle réalité, je perdais un peu plus pied de mon ancien équilibre.

J’ai moins de temps pour moi, mon introspection, mes rituels, mes routines et même mes amies (car je voyage beaucoup). Je ressens plus de stress à jongler avec mon planning, mes déplacements et j’ai plus de fatigue à ne pas savoir « où j’habite ».

Et En même temps, je n’ai jamais autant vibré ri aussi fort, aimé aussi naturellement et partagé avec enthousiasme mes nouvelles envie avec moi-m’aime. Ma vie est devenue un véritable conte de fées, mon “compte de faits” avec tous ces moments, ces lieux, ces partages et ces rencontres ; je grandit chaque jour et j’accepte ce changement de peau parfois douloureux, inquiétant mais tellement excitant et enthousiasmant.

Je le sais (et le répète souvent en séance), il faut savoir lâcher prise, trier, jeter pour faire de la place et accueillir le renouveau. Lorsque le tri est si important que l’on a l’impression de jeter sa vie quotidienne, cela donne le vertige et l’envie de s’accrocher devient extrêmement forte. 

Je savais que cette année, celle du Covid ou bien encore et surtout mes 40 ans, serait une renaissance. 

Je ne suis pas déçue, mais j’avais oublié à quel point renaître demande de l’énergie et j’ai envie d’assumer ma phase chenille : en restant cloîtrée au fond de ma chrysalide pour attendre sagement que ma transformation soit complète.

Mais je ne suis pas un papillon, ni une chenille car je suis une exploratrice du soi-même. Mon besoin de partager et de témoigner était plus fort et je reprends doucement mais sûrement l’écriture de mon blog (et sur mon compte Instagram pour les photos de tous les jours) pour vous révéler cette phase si intense, fabuleuse, surprenante, magique et déstabilisante de ma vie.

J’ai choisi de ne pas mentir en ne parlant que du beau et d’attendre de retrouver un semblant d’équilibre pour revenir face à vous. Vous parler simplement de ces deux aspects de mon évolution pour vous rappeler qu’être humain c’est danser sous la pluie avec nos polarités, l’amour et le bonheur face à la peur et les résistances. 

 

Maintenant vous saurez que derrière chaque photo, chaque découverte, chaque création, il y aura aussi eu des larmes du deuil (de celle que j’étais), des ongles rongés de peur de la nouveauté, l’angoisse de l’abandon « c’est trop beau pour être vrai, quand est-ce que cela va s’arrêter ? » et le vertige de cette nouvelle réalité.

Et vous, arrivez-vous à regarder en face la douleur collée au bonheur ?

 

PS : photo prise lors d’une journée “dont on a du mal à trouver les mots” en amoureux dans la Camargue

 

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