J’ai eu la chance de voir le film Ares en avant première dans les locaux de Gaumont, en présence du réalisateur – scénariste et du producteur. Le film est une vraie claque. J’avoue, avec les élections aux USA d’hier, le film nous montre bien comment on pourrait finir… sic.

Je pense sincèrement que Ares va plaire à beaucoup de monde. C’est un genre rarement réalisé par des français. C’est très moderne et le sujet est tristement d’actualité.

Il y a de la bagarre et de la tension pour ceux qui aiment le sang et les combats. Il y a de belles valeurs et une envie de changer le monde, l’amour de son prochain et de ses proches. Il y a cette soif de survie et de trouver une place dans ce système corrompu. Enfin, ce qu’il m’a le plus touchée personnellement : c’est le rapport au corps et aux émotions.

L’histoire

« Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en œuvre pour les sauver : elle et ses filles. »

Vous allez lire beaucoup de « critiques » du film concernant l’aspect réaliste et la qualité des images, du scénario avec de vrais rebondissements.  Je ne suis pas une spécialiste du cinéma. Moi ce qui m’a beaucoup touchée c’est l’écriture des personnages et ce monde qui tente de faire des machines de nos corps.

L’écriture des personnages d’ARES est belle car humaine, réaliste et touchante. On voit bien les difficultés de chacun pour trouver sa place dans un monde qui est régi par le combat entre argent et idéaux. Excepté l’enfant qui reste dans son innocence, chacun penche d’un côté ou de l’autre pour vivre son quotidien au mieux. Selon moi, seul Myosotis arrive à cet équilibre complexe entre gagner de l’argent en vivant une vie qui respecte ses valeurs et envies. Ce personnage reste centré sur ses besoins tout en étant capable d’ouvrir sa porte et son cœur à son voisin et à ses deux jolies nièces. Elle est aussi capable de se rebeller gentiment et cela donne une touche d’humour et de tendresse à cet univers violent.

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Le monde présenté dans le film n’est pas loin de nous. Je ne parlerai pas du chômage, de la pauvreté, des gens vivant dans la rue (car c’est facile à voir et de faire des parallèles avec l’actualité mondiale).
Ce qui est passionnant c’est l’idée que le foot n’est plus le sport phare avec ses sponsors de boissons alcoolisées ou sucrées. Nous sommes de retour dans le temp des gladiateurs, car c’est bien connu, plus les gens vont mal, plus ils aiment voir les autres souffrir et la violence rassemble toujours.

Nous sommes dans des arènes où les combattants sont « shootés » et marketés par les laboratoires pharmaceutiques. On met en valeur leur force et leur endurance. Ils ne « ressentent rien » et écrasent leurs ennemis. On fait même le compte du nombre de morts dans la communication. On est clairement au bout de la logique du monde qui prône « marche ou crève » avec un divertissement national qui est « combat ou crève ».

En deuxième plan, on voit aussi des publicités pour des produits qui vous rendent « libres ». Leur slogan sont « Une rupture, un deuil, un problème… prenez XYZ (je ne me souviens plus du nom) et redevenez libre ». C’est intéressant de voir que nous continuons à avancer dans un monde où ressentir c’est mal et cela empêche de bien vivre sa vie d’homme libre. Car dans ce monde, on vend son corps (ou sa mort) à la science, pour des expériences.

Cette envie qu’on les Hommes de ne pas ressentir est inquiétante je trouve. Aujourd’hui, (je parle bien de la société de 2016 et pas de la France d’Ares en 2035) pleurer c’est mal. Souffrir c’est synonyme de faiblesse. Accepter sa vulnérabilité ou sa fragilité est presque impensable sans passer pour quelqu’un de nul. Ce sujet me passionne (c’est d’ailleurs pour cela que je prépare de futurs stages sur le sujet pour mieux vivre avec ses émotions) et m’inquiète quand je regarde la société dans sa globalité et pas en tant que millions d’individus.

J’espère que mes remarques vous auront donné envie de voir le film. Quel que soit vos centres d’intérêt, je pense que c’est important de soutenir le cinéma français de qualité et qui propose pour une fois autre chose qu’une petit histoire d’amour facile.

Merci à Gaumont de me permettre de vous proposer 3 fois 2 places !
Pour cela, je vous demande de laisser un commentaire avant le 14 au soir minuit, en m’expliquant pourquoi vous avez envie de découvrir ce film !

Et vous, vous avez aimé le film ?