J’ai toujours aimé faire des activités créatives avec mes mains sans vraiment être douée pour ça. J’ai donc décidé de me mettre « vraiment » à dessiner en relevant le challenge de Inktober.

Après seulement 10 jours à trouver une idée tous les matins à dessiner au petit déjeuner, cela m’a déjà beaucoup appris sur moi. Je voulais vous faire un bilan intermédiaire de ce qu’ai ressenti en traversant cette (petite) peur et vivant ce challenge.

 

Mon bilan Inktober jour après jour sur 10 jours

 

Jour 1 : Poisonous / empoisonné

Le premier jour est toujours un mélange d’excitation et de trac. Heureusement, j’ai vraiment envie de m’amuser et le thème me le permet. J’ai tout de suite pensé à une plante ou une nourriture et puis non, ce qui nous « empoissonne » réellement (et que je nettoie tous les jours dans mon métier !) ce sont les pensées, les jugements.
Je suis plutôt fier de mon inspiration et concept de retravailler les tentations du jardin d’Eden en mettant en avant les pires poisons « vouloir avoir raison » et les « il faut » « yakafautkon ».

Jour 2 : Tranquil / Tranquille

Je m’étais endormi en pensant à l’eau (et à mon plaisir de recommencer la piscine le jour même). J’avais aussi choisi de m’inspirer de @agathesorlet pur son trait que j’aime tant et qui m’apaise.
C’est avec ma routine inspirante (pages, yoga, méditation), que j’ai été surprise car mon idée avait beaucoup évolué depuis la veille.
C’est la douceur et la puissance de ce couple qui m’a donné un sourire tranquille et confiant ! J’ai donc officiellement changé mon idée et suivi mon envie.
J’adore quand la vie me rappelle de suivre le flow et de ne pas vouloir « trop » prévoir, trop anticiper car cela est souvent une perte de temps (dans le domaine de la création).

Jour 3 : Roasted / Roti

J’avais encore envie de choisir un sujet brûlant pour moi : les violences faites aux femmes (même si je ne suis pas à l’aise en dessinant des corps).
L’inspiration était là comme une évidence. Je me voyais moi en train de pleurer comme sur le bûcher des jugements et violent « slut shaming ». Car au fond, la situation des sorcières puissantes (notamment à travers leur sexualité) n’a pas changé… on les brûle et la société fait rôtir tout cela à travers les réseaux sociaux et le harcèlement au quotidien.
Je dois avouer que ce dessin a été un vrai nettoyage émotionnel (et cela me pousse à encore plus l’utiliser dans mes séances ^^).

Jour 4 : Spell / incantation

J’ai complètement osé me mettre en avant sur ce dessin. Le seul sort et incantation que j’ai envie de chanter, hurler, bouger dans le monde est « l’Amour » avec un grand A.
Cela m’a donc donné le courage de me dessiner en train de chanter avec mon nouveau tambour. Je me suis dessinée comme une réalité alors que je ne l’ai pas encore fait chanter.
Cela n’est pas mon dessin préféré car j’aurai aimé faire autre chose dans la bulle mais l’intention reste puissante alors je l’assume.

Jour 5 : Chicken / poulets

Aujourd’hui, j’ai trouvé mon « style »! Un carré avec un élément qui dépasse et une phrase qui tourne autour. Le mot du jour étant clairement impossible pour moi à dessiner sauf en « traits naïfs ». Cela me permet de représenter encore une fois des idées plutôt qu’un dessin de qualité.
J’ai eu le concept très vite car j’ai appris l’expression « Chick » aux USA avec pour souvenir une immense serviette. J’avais envie de rendre hommage à une super émission de podcast « Les couilles sur la table » qui m’ont expliqué simplement pourquoi les filles étaient plus « romantiques » que les garçons.

Jour 6 : Drooling /saliver

Je n’ai pas assumé ma première idée. Je voulais me dessiner au centre avec des images d’hommes sexy dans la tête. Clairement je n’ai pas eu ni le courage, ni les compétences de le faire (ok c’est le courage qui m’a manqué).
J’ai adapté mon idée par le plaisir de goûter l’amour à travers un baiser. J’ai sûrement compenser ce switch créatif par le besoin d’écrire quelques mots à côté de mon poème pour le renforcer.

Jour 7 : Exhausted / Fourbu

J’ai d’abord imaginé une femme en train de pleurer nue devant son miroir repliée sur elle même. Hélas je ne peux pas (encore) dessiner ce genre de détails.
J’ai donc choisi d’illustrer ce qui est le plus fatiguant selon moi (et les explorateurs.trices) qui viennent me voir : traverser sa peur. L’idée est plus simple à dessiner avec des traces de pas et un sol qui laisse imaginer le mot Peur. J’aurai aimé créer ces mots à travers un sol pavé et ajouter des traces de sang. Même si je me rends compte que cela aurait sûrement compliqué le dessin. Comme quoi ne pas avoir les compétences permet parfois d’être plus efficace.

Jour 8 : Star / La star (Etoile ?)

J’ai dessiné dans le train avec quelques heures de sommeil et un bon run pour attraper le bon wagon. J’avais envie de simplicité et de parler d’un soucis que je rencontre personnellement souvent (dans ma vie perso et pro).
Cette peur de briller trop fort et de faire de l’ombre aux autres. C’est une croyance qu’on nous donne très tôt dans la société (surtout quand on est une femme). Cela nous empêche de laisser notre talent s’exprimer pleinement sans culpabiliser.
Le dessin est simpliste et ne me plait pas, pourtant vue les conditions, je n’aurai pas fait mieux. C’est drôle de ne pas aimer montrer sa lumière jusque dans le résultat de son dessin. Au moins je réalise que je suis cohérente !

Jour 9 : Precious / precieux

J’ai d’abord voulu dessiner mon cœur que je tendais dans mes mains comme une offrande. Mais mon cœur m’appartient et même si j’offre mon amour, cela n’est pas la chose la plus précieuse dans le sens rare pour moi (Car oui j’ai l’habitude de donner de l’amour, beaucoup, beaucoup).
Le temps est rare lui. D’autant plus dans nos sociétés overbooked. C’est la denrée la plus essentielle. Je suis contente d’avoir repris ce concept de dessin en deux pour exprimer ma vision d’avant et ma nouvelle croyance. Même si la fleur n’est pas très réussie, cela m’a donné envie d’en dessiner plus. Je trouve que même sans lire on comprend et c’est ça l’essentiel pour moi.

Jour 10 : flowing / ecoulement

J’avais d’abord prévu de dessiner le visage d’une femme qui se prend le visage dans les mains. Hélas techniquement trop compliqué pour moi.
C’est la première fois où j’ai changé de feuille. Le résultat était « moche » et cela allait me prendre bien plus que les 15/30 minutes maximum que je m’autorise. J’ai cherché à revenir à l’essentiel : l’intensité des larmes ! J’ai donc choisi des yeux de mangas très expressifs.
J’aime pleurer. J’ai appris à aimer ce que cela déclenche dans ma vie. J’ai donc tenté de l’expliquer en écrivant passé dans la flaque de larme. Car pleurer permet réellement de laisser couler le passé pour créer un avenir différent. La flaque n’est pas réussie mais je suis contente de ma copie des yeux. J’ai envie de plus m’inspirer des mangas qui sont si expressifs.

Voilà, vous savez tout !

Au bout de 10 jours, je peux dire que je suis ravie voir même surprise : j’ai créé des images et j’ai trouvé mon style alors que je vous voulais dessiner (enfin gribouiller). Une image choc dans un carré et les mots en compléments.

L’idée que le carré soit transpercé par un élément me plait car je n’aime pas me sentir enfermé et l’être humain rentre rarement complètement dans une case. 
Je ne sais pas ce que je vais vivre jusqu’à la fin de ce mois. Je trouve déjà que j’ai gagné beaucoup en investissant seulement 15 à 30 minutes maximum par jour.

Vous pouvez suivre mes dessins au quotidien sur mon instagram par ici.

 

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