Je ne sais pas pourquoi je décide aujourd’hui d’en parler de témoigner.

Il y a ces jours « Fucking hormones days » où tout semble beau mais trop chargé en émotion.
Il y a aussi cet article de Madmoizelle qui attire mon œil car ce n’est pas la première fois que l’on parle de femmes filles qui sont violées, filmées, agressées et qui tentent de se suicider.
Il y aussi eu ce mec mardi qui me traitait de salope car j’avais décidé de mettre une jupe alors qu’il y avait un rayon de soleil.
il y a eu ce mec hier qui plaquait sa tête contre mon décolleté en rigolant… parce qu’il était saoul et que c’était censé être drôle.
Il y a tous ces témoignages des personnes autour de moi, de femmes qui « réalisent » que oui c’était peut-être un viol en fait.

Il y a les chiffres qui me prouvent que non, il n’y a pas seulement 50 000 viols en France par an. Si vous trouvez ça beaucoup faites les statistiques à partir de votre entourage.
Il y a les articles de Valérie qui me rappellent que la culture du viol s’immisce chaque jour un peu plus dans notre entourage et notre société dite « moderne ».
Il y a mes cours de self défense qui ont changé ma vie et qui m’ont fait passer de victime à survivor.
Il y a des femmes qui, comme Madonna ou Beyoncé, sont décriées en tant que féministes car bien trop sexy pour ouvrir leur gueule et promouvoir les femmes.
Il y a ce long chemin qui m’a amenée dans cette vie magique, merveilleuse, incroyable que je vis aujourd’hui…

Peace & Love, not rape

Il était une fois une jeune fille, un peu trop naïve qui vivait dans le monde des bisounours, enfin des bisounours adolescents (avec option complexes et mal être)… elle n’était ni la plus belle, ni la plus sexy, sûrement la plus pipelette, sérieuse, joueuse. Elle vivait ses vacances avec bonheur et légèreté jusqu’à ce jour.

Bref, il y a eu ce moment où l’on passe du côté des statistiques. Ces statistiques que l’on connait car on veut vérifier qu’on n’est pas la seule, qu’on est normale, qu’on n’est pas coupable.

Puis il y a eu leurs mots. « Tu l’as bien cherché », « Salope, je suis sûre que tu as adoré », « Pute », puis les rires, puis l’isolement, puis le harcèlement moral, puis la maladie, puis le corps qui lâche. Il y a eu ce moment… mais il y a aussi ces paroles qui cassent le peu d’humanité qui reste en nous. Ces mots, c’est une 2e agression.
Une 2e fois plus grave car elle plante la culpabilité et le silence dans notre cœur et notre âme comme un virus. Un virus qui détruit tout, les rêves, les envies, l’amour propre et parfois la vie.

Ces gestes, ces mots qu’on veut oublier. Qu’on ne veut pas vivre en fuyant son corps et en perdant la mémoire. Ces souvenirs qui reviennent par le corps qui, lui, n’oubliera jamais.

être empathique ou juger : un choix quotidien

être empathique ou juger : un choix quotidien

Il y a cette intime conviction que je suis au fond une survivor et que j’ai presque eu de la chance. Aujourd’hui, les codes ont évolué mais pas les comportements. Aujourd’hui, les insultes ne s’arrêtent pas quand on change de ville, ou qu’on rentre de vacances. Aujourd’hui, notre « identité virtuelle » nous suit partout grâce à Facebook, Instagram et tous ces réseaux qui n’arrivent pas à modérer (assez vite, assez bien). Aujourd’hui, on fait la une des journaux car cela fait vendre, plus on est jeune, plus c’est gore, plus il y a de souvenirs, plus il y a de témoins qui vont prouver que « oui, cette pute, elle l’a bien cherché ».

Je réalise donc aujourd’hui que j’ai vécu les prémices du slut shaming (j’ai toujours su que j’étais précurseur hihi) et je vous jure, cela fait mal. Je dois simplement remercier ma vieillerie qui m’a évité un étalage public de ce moment de ma vie sur Facebook…

Survivre, malgré les mots, les actes et vivre encore mieux deux fois plus

Survivre, malgré les mots, les actes, et vivre encore mieux, deux fois plus

Alors pitié (non n’ayez pas pitié de moi, je vais bien, croyez-moi) ne soyez pas dans ce camp des agresseurs passifs. Vous Mademoiselle, Madame, Monsieur, attention à vos mots, vos jugements, vos actions, car on est tous concernés en tant qu’amis, parents, témoins, ou simplement en tant qu’être humain.

Je terminerai ces quelques mots avec l’énergie, le positivisme et la beauté de Beyoncé, car « we run the girls bitches » and we are so fucking awesome !!! Et puis parce que la vie est quand même belle quand on la regarde du bon côté avec les bonnes personnes.

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